19 décembre 2011

Souvenirs d'enfance

’’Le médecin te soigne lorsque tu souffres.
Ton instituteur stimule ton esprit’’
Je me rappelle de ce moment fort singulier et marquant que j’ai vécu avec le plus jeune de mes oncles paternels, en ce mois de mars 1961, une dizaine de jours après le décès de mon père. Il m’avait accompagné à l’école - primaire - non pas tant pour justifier mon absence et mon deuil au directeur de l’école et à mon enseignant mais surtout pour dire aux deux qu’il y aura continuité malgré la disparition cruelle et inattendue de  mon père. Il avait dit à M. Arrouas - le directeur - ’vous savez que nous avons perdu mon frère, le père de Ferid. Sachez M. Arrouas que nous avons à cœur la scolarité des enfants - comprendre la mienne et celle de mon frère Lamine -. Nous voulons qu’elle se poursuive normalement’’. Le directeur acquiesça en hochant la tête. Mon oncle poursuivi,’pour notre santé physique nous avons confiance en notre médecin de famille et pour notre équilibre mental nous avons un grand respect pour les enseignants de nos enfants’’. Cette phrase est restée gravée dans ma tête. Le soir en rentrant à la maison, j’ai demandé à mon grand-père quel lien il faisait entre la santé et l’école. Il me répondit :’’Le médecin te soigne lorsque tu souffres et c’est pour cela que tu lui dois respect et considération. Ton instituteur s’occupe de ton apprentissage pour préparer ton avenir. Tu sauras réfléchir et raisonner grâce aux connaissances qu’il t’inculquera et au savoir faire que tu apprendras avec lui. En plus de cela c’est par l’éducation que te donne ta famille que tu sauras te comporter et vivre en société’. Le tour était fait. Mon oncle - professeur de mathématiques - et mon grand-père -  agriculture de profession, avec une instruction basic, sachant à peine lire et écrire, avaient résumé le présent et l’avenir. Mon grand-père n’avait pas réussi à son certificat d’études primaires. Le bon sens paysan venait de parler. Pourtant mon arrière grand père - le bâtisseur - avait comme principe que chacun, de ses enfants et petits enfants, qui échouait au premier examen ou diplôme d’études devait rejoindre la ferme et s’atteler à y travailler.    
Ferid Chikhi

5 novembre 2011

Elle était plus qu'une mère

 Soraya était ma nièce
En compagnie de son époux en liesse
Ne manquant jamais de donner la pièce
Même à ses ennemis les plus tenaces.
Elle traitait toujours ses filles sans rudesse
Leur inculquant, avec douceur, éthique et science
Elle ne cessait de combler "Minou" de tendresses.
Elle n'avait qu'en Selwa, sa confidente, confiance
La seule parente sincère depuis l'enfance
Lui procurant sur sa demande l'eau de jouvence.
Elle ménageait ses étudiants sans trop d'hardiesse
Pour eux, elle était plus qu'une mère, une vraie déesse
Quand elle mourut, ils accoururent à toute vitesse
Très éplorés, l'ensevelirent avec tristesse
De retour, désorientés, ils oublièrent leur adresse.
Boutaleb Mohiédine
Avec l’aimable courtoisie de l’auteur.
Copyright © 2011. Chikhidebatna.

29 octobre 2011

Poèmes inédits de Mohieddine Boutaleb

Présentation 
La lutte de Libération Nationale de l’Algérie ne s’est pas faite seulement avec les vieilles armes des maquisards et des fidayîn qui on prit part à la deuxième guerre mondiale pour lutter contre le nazisme. Y ont également participé de simples citoyens issus aussi bien des couches sociales parmi les plus démunies que parmi celles qui étaient les plus nanties.
Parmi eux des érudits, des intellectuels, des écrivains, des poètes, et bien d’autres qui ont survécus à cette guerre. Des femmes ont quitté leurs foyers pour grossir les rangs et se sont battues aux côtés de leurs frères d'armes. De ces militants, un intellectuel est resté humble et discret. Un professeur de littérature arabe, médersien de formation qui non seulement n’avait pas hésité à rejoindre le maquis avant d’être arrêté par les forces coloniales mais a aussi formé bien des générations de jeunes dont l’utilité post indépendance de l’Algérie s’est avérée cruciale. Cet homme se nomme Mahieddine Boutaleb et se trouve être mon oncle maternel.  
À la veille de la commémoration du déclenchement de la révolution du1er novembre 1954 il nous livre trois de ses poèmes inédits, le troisième étant consacré à l’intégrisme qu’il qualifie de monstrueux.
Ferid Chikhi
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L'Algérie souffrante
En Algérie, rien à gratter !
Le train gaulois l'a bien ratée.
Sept ans et demi sont mal passés,
A l’horizon nul n'est pressé,
De secourir les blessés,
Gisant par terre la tête baissée.
L’Algérienne est vertueuse.
L'impie la traite de menteuse.
Elle a tenu à sa pureté.
Il l'a, de force, violentée.
Les malheureux ont toujours tort
Les « Roumis »étaient plus forts
Mais Dieu soutiendra les premiers
Et châtiera bien les derniers.
Les sans foi lui rendront compte
Un jour, devant la cour des comptes
De leurs forfaits et de leurs crimes
Pour être brûlés jusqu'à la cime.
Les Algériens sont des humains.
Pourquoi sont-ils soir et matin
Pourchassés comme des chiens errants?
Pour avoir dit non aux mécréants!
La France impie est revancharde.
Bien qu'elle se tienne sur ses gardes
Son implosion est imminente
Car la Justice est immanente.
Boutaleb Mohieddine

Avec l’aimable courtoisie de l’auteur.
Copyright © 2011. chikhidebatna.
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Les pieds noirs impénitents
Mercenaires impénitents!
Vous êtes à jamais impudents!
Mauvais élèves vous demeurez,
Haineux vous le démontrez
Cinquante ans se sont écoulés.
Sur cette guerre, ainsi, appelée
Par vos gouvernants repentis
Qui, malgré eux, ont consenti
A reconnaître â nos martyrs
De justes droits â répartir
Entre leurs veuves et Orphelins
Sans se montrer trop malins
En sollicitant leur pardon
Ne les traitant plus de dindons.
La vie des leurs n'a pas de prix
C'est chose jugée, sans parti pris
Ne soyons plus rancuniers;
Il faut inhumer le fumier
Afin d'éteindre l'incendie
Qu'ont allumé les sales bandits
Qui ne sont pas rassasiés
De voir nos cœurs non sciés.
Les négociateurs des deux bords
Ont bien compris notre sort.
A l'amiable, ils ont tranché
Que les vies ne soient plus fauchées.
Boutaleb Mohieddine
Avec l’aimable courtoisie de l’auteur.
Copyright © 2011. chikhidebatna.
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L'intégrisme monstrueux

Étranger à notre foi.
L'intégrisme est hors-la-loi.
Repoussant et transgresseur
Il fait le jeu des voleurs.
Ejecté car hystérique
Hideux et hypocrite
C'est un mal incurable
Irritant et vulnérable!
Il a tué et égorgé
Avec des armes bien forgées
Des hommes honnêtes et charitables
Des femmes enceintes et pitoyables
I1 n'a épargné aucun être
Pour s'imposer comme un seul maître.
Il a incendié des écoles
Pour faire de nous des bestioles.
La politique de la terre brûlée
Qu'il pratique en écervelé
Est ruineuse pour tout un peuple
Qui lui trouvera une issue simple.
En l'affrontant avec hardiesse
Ii taillera l'ennemi en pièces.
Son passé lui indiquera
Le bon chemin qu'il suivra.
Boutaleb Mohieddine

Avec l’aimable courtoisie de l’auteur.
Copyright © 2011. chikhidebatna.
Tout droit de reproduction interdit sans le consentement de chikhidebatna. 

22 octobre 2011

Il aurait eu 100 ans aujourd'hui ...

De ma sœur … à mon père …
De cette nuit où la longue Dame voilée de nacre noire était venue me chercher, de cette nuit, le souvenir est ciselé.
Elle avait avancé vers moi ses mains froides et transparentes, déposé d'énormes galets dans ma bouche et transformé mes bras en granit dur et morcelé.
Elle voulait m'emporter dans son ascension vertigineuse.
e ciel était à ma portée. Mes trémoussements de fillette fragile hurlèrent non ! 
Mon cri étouffé fut entendu de ma mère, qui réveilla mon père : "elle a encore un cauchemar".
Il se leva, franchit le seuil de ma chambre d'enfant solitaire à moi offerte trop tôt. Il appliqua sa main sur mon front, récita son verset miraculeux.
La longue Dame s'éloigna discrètement, puis disparut dans l'encoignure la plus obscure de ma chambre.
Ma mère me prit dans ses bras : "j'avais des cauchemars aussi à ton âge" Elle ne savait pas alors que, comme elle, au même âge, j'allais être orpheline de mon père.
Le corps du père avait remplacé le mien auprès de la froide créature voilée de nacre noire. "Le verset du trône" m'avait restitué ma navigation morphique jusqu'au matin chargé de sons. La voix de mon père récitant le verset miraculeux ne m'a plus jamais quittée.  Mais j'ai besoin parfois, encore aujourd'hui, de sentir sa main sur mon front.
Beïda Chikhi
Paris, 21 février 2009

Convergences Plurielles 28 nov. 2009 – N* 23.

7 octobre 2011

Élégie sur la mort de ma sœur cadette

Fatima Zohra était ma sœur
Mère de famille à toute heure
Vaquant toujours à son labeur
L’accomplissant avec ardeur
Pour la santé et le bonheur
De ses enfants grands travailleurs
A ses amies ouvrant son cœur
Leur offrant sel et chaleur
Elle mettait fin à leurs malheurs
Elle chérissait ses frères et sœurs
Compatissant à leurs douleurs
Étant sans cesse de bonne humeur
Pour eux elle n'avait jamais de l'horreur
Croyant fermement d'ailleurs
Couler des jours et nuits meilleurs
Avec Rezgui, son bienfaiteur
Dans la gloire de son seigneur
Boutaleb Mahiédine

31 août 2011

Abdallah Chikhi,

 Un homme de relations publiques
La Société de Transports Automobile de Batna connue sous l’appellation de STAB, transports Chikhi, était une entreprise en pleine expansion. Elle a été créée par les trois frères Larbi, Lhachemi et Smaïl Chikhi. La première liaison permettait à des voyageurs de Batna et de Constantine de se déplacer dans des autocars de marque Sauchon. La couleur rouge avait été retenue pour les différencier de ceux des autres compagnies.
Des projets et une planification intelligente devait diversifier les liaisons et permettre de joindre plusieurs villes de l’Est algérien, entre autres Annaba (anciennement Bône et Guelma).
Alors que mon père s’occupait du bureau de Batna, son frère Abdallah Chikhi le troisième fils de Djeddi Larbi prenait en charge celui de Constantine.
Mon oncle Abdallah a été un gestionnaire déterminé et efficace entre 1957 et 1961. C’est grâce à ses compétences relationnelles, son expérience professionnelle et sa formation en administraiton et en comptabilité que les autocars de la compagnie ont pu relier la capitale régionale de l’Est algérien à la ville de Skikda - anciennement Philippeville -. C’est particulièrement grâce à cette liaison Biskra, Batna, Constantine, Skikda qu’un grand nombre de voyageurs de la région pouvaient se déplacer entre la porte du sud et la Méditerranée.
Ferid Chikhi

23 août 2011

Une mère

Un matin de septembre, nul frémissement, nulle vibration
Alentour, nul bruit, nul brouhaha, nul sifflement

Le silence, rien que le silence, et rien autour
Le silence et son écho, et rien alentour
Et moi dormant dans un duvet caressant, l’étreinte ultime de ma mère

Une soie légère passa sur ma joue   
Son souffle m’enveloppa tel le voile de ma naissance
Elle m’avait dit que j’étais née coiffée, que ma coiffe nous avait été dérobée par des faiseurs de fortune

Âme généreuse
Tendresse
Elle vint à son dernier instant, un matin de septembre, me rappeler le sens de cette coiffe
Juste avant de rejoindre son éternité

Et j’ai pleuré, pleuré, pleuré

Beïda Chikhi
Paris, septembre 2010

20 août 2011

Un bâtisseur nommé Ali Chikhi

Ali Chikhi, MisN’Messaoud, MisN’Elhaoucine,
Avant propos
Dans le petit village d’Azrou Kolal, mon arrière grand-père avait grandi auprès de son frère et de ses cousins Slimane, Med Larbi, Saadi, Achour, Abdallah et bien d’autres dont les noms se retrouvent encore de nos jours portés par leurs descendants.
Il était connu pour être débordant d’énergie, avec un sens inné de la logique. À l’époque de ses vingt ans, dans le petit village d’Azrou Kolal habitaient plusieurs familles qui dans les faits constituaient la même grande famille mais portaient à quelques lettres près le même patronyme  Ath Chikh, Cheikh, Bencheikh, Ould Chikh et bien entendu Chikhi. 
Les alliances avec des familles d'Azrou Kolal étaient fort nombreuses, par exemple, avec les Moussa, les Ait Abdeslam, les Ait Said, les Ait Khaled et même des villages mitoyens tels que Ouaghzen avec les Mahiout ou même ceux situés à quelques kilomètres tel que Ait Hicham. Azrou fait, jusqu’à ce jour, partie de la commune d’Ain El hammam anciennement Michelet et est proche, entre autres, des villages d’Akkar, Taourirth Ath Mengueleth, Taourirth Amran, Tillith, Azrou Kolal, Ouaghzen, Ath Djemaa, Ait Meslayen, Ait Ouaben.
Mon défunt oncle Smain me disait que son père était à l’écoute de tous et même s’il était inséparable de son frère Saïd il l'était aussi avec Messaoud le père de ma grand-mère Djoher, il était toujours bien entouré. Partageant, avec tous, ses idées et ses bons mots. Il ne lésinait pas sur l’aide qu’il pouvait apporter aux plus démunis. Homme fort attaché au respect des convenances et à celui des échéances, il était intransigeant avec ceux qui ne les respectaient pas.
C’est dire que l’attention qu’il accordait aux aînés, aux femmes, aux enfants et surtout aux veuves et aux orphelins faisaient partie de ses préoccupations majeures en plus de la ponctualité et de l’assiduité qui étaient, selon toujours mon défunt oncle Smain, le cadre de ses valeurs essentielles. 
Très jeune - comme sa petite nièce Titam, première femme à avoir forcé l’accès de l’assemblée des habitants du village -  il avait intégré Tajmaat - et ses propos étaient appréciés par tous pour leur justesse. Sa renommée dépassait le territoire de la grande tribu des Ath Menguellet et de la commune d’Ain El Hammam. 

* Sur la photo Djedi Ali (+grand de taille)
est à la droite de son frère Said. 
A suivre
Ferid Chikhi

À ma cousine Nouara, j'aurais besoin de ton adresse si tu veux nous parlions de Dada Houcine, de notre oncle Salah et des autres cousins

Album de famille

Quelques descendants
Djeddi Larbi était le fils de Djeddi Ali, alors que Nana était la fille de Djeddi Saïd.
Ils ont eu dix enfants (6 garçons : Abderrahmane, Arezki, Abdallah, Saadi, Abdelaziz et Brahim ; 4 filles : Mehnia, Dhehbia, Dhrifa et Zohra).
Djeddi Larbi a eu deux frères du même père et de la même mère : Lhachemi et Smain et trois demi-frères : Lhoucine, Abdelkader et Seddik. Nana Djoher avait deux frères Lhoucine et Hamid (Hmitouche) et deux sœurs Fatima et Titam

Une partie de la famille autour de Djeddi Larbi en 1960.
De dos en bas à droite ‘’Dada Ouameur’’ Moussa, en face de Djeddi Larbi, derrière lui, Mourad mon cousin germain. Sur le côté gauche, ma tante Zohra épouse de mon oncle Abderahmane (dans ses bras Madiha qui nous a quittée récemment) et Fatima l’épouse de mon oncle Saadi, à sa droite Nadira la sœur  de Mourad. À l’arrière Dada Rabah le mari de ma tante Zohra, dans ses bras sa fille aînée Gina.
Je reviendrai plus tard sur le sens que nous donnons, dans la famille, à l'appellation ''Dada''

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Ce qui suit est une contribution de ma cousine Nadira au sujet de sa sœur Madiha et, de nos proches partis sans prévenir.
Madiha y est si  rayonnante !
Je garde gravés dans ma mémoire les précieux moments passés avec elle en février. Nous allions à la mer et je recueillais avec une attention profonde ses paroles, sur sa vie, sa philosophie de l'existence, son inlassable recherche spirituelle; ses coups de cœur, ses coups de gueule !! Toujours vraie, franche, entière, authentique.

Elle s'extasiait sur la beauté de la nature, et était reconnaissante de pouvoir encore la contempler.Elle a lutté courageusement face à la maladie, digne et si lucide.En lisant ses auteurs préférés, je pense à elle, et ainsi perdure le lien avec sa vivacité d'esprit et son attachement aux idées fructueuses.
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Nos proches partent en groupe, se soutenant les uns les autres.
J'ai vu Soraya il y a un an, ainsi que tata Fatima, qui avait un visage très serein, écoutant avec intérêt une discussion entamée avec Lamine et Nariman. Ma fille s'était pelotonnée avec bonheur tout contre elle.
Soraya, je l'avais visitée dans son bureau, Elle était pleine de liesse et d'enthousiasme comme à son habitude. Nous parlions du temps de la retraite, et Elle m'affirmait qu'Elle était en pleine forme et guère prête à se retirer.
Nous ne les oublions pas car ils restent tous présents dans nos cœurs, et nos prières s'élèvent vers Eux afin de réchauffer Leur âme.
Nadira Chikhi
Mardi 05 juillet 2011
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Madiha Chikhi
Elle nous a quitté il y a à peine quelques jours et déjà ses amis s’en rappellent en lui rendant un hommage bien mérité.
Hommage à une amie
Le 19.06.11
Elle, qui n’a jamais côtoyé les salons,
Le monde de la culture vient de perdre une personne de grande qualité, bien que modeste et discrète. Elle, qui n’a jamais côtoyé les salons, ni reçu de médailles ni de récompense particulière tout au long de sa carrière.
Feue Madiha Chikhi a fourni un travail considérable dans le domaine qui était le sien, la documentation et la gestion de bibliothèque, au sein des services de la culture et, tout particulièrement, au Parc national du Tassili.
Sa «famille» professionnelle, Sid-Ahmed Kerzabi, Marie Maka, Hénia Guesmi et ses collègues du Tassili Azdjer peuvent tous témoigner qu’elle a été une amie et une véritable sœur, digne et exemplaire, d’une grande rigueur dans le travail.
Membre de l’association «Les amis du Tassili» depuis sa création en1988, elle avait acquis de vastes connaissances sur le désert, sur le Sahara et son histoire, connaissances qu’elle partageait volontiers avec tous ceux en quête d’informations : étudiants, journalistes ou simples habitants de Djanet.
Elle était riche de par ses qualités humaines et professionnelles, affirmant une grande fidélité à ses idées et sa philosophie de la vie, comme à son pays. Sa générosité n’avait pas de limite, elle qui n’avait pourtant qu’un bien modeste salaire et, plus tard, une petite retraite.
Il faut aussi lui reconnaître une grande ouverture d’esprit et beaucoup de respect pour les autres et leurs idées.
En définitive, une personnalité hors du commun qui avait su s’attirer la sympathie de tous à Djanet. Sa famille et ses amis l’ont accompagnée jusqu’à sa dernière demeure, le 10 juin, à Annaba.
Elle repose dans un cimetière face à la mer qu’elle a toujours beaucoup aimée.
Nous présentons, ici, nos sincères condoléances à sa maman, ses sœurs, ses frères, ainsi qu’à toute la famille Chikhi.
Après avoir parfaitement accompli ta mission envers ta famille et ton pays sur terre, repose en paix au Paradis, très chère Madiha. Tu vas beaucoup nous manquer.
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Papa en 1960 quelques mois avant son décés

Son premier voyage en France a débuté
à Marseille avec un arrêt à Cannes.




Maman et Kamil




Zohra Chikhi (Ép : Temim) &
Abdallah Moussa son neveu en 1953
à Batna (maison de Djeddi et Nana). 


Nana Djouher (ma grand-mère) au centre, entourée de son fils Saadi, mon oncle paternel et de son épouse Fatima, fille de Mohand et de Messaad Chikhi
(fin des années ‘’50’’). Mon oncle Saadi, Père fondateur du COUS Combien de potaches et d’étudiants se rappellent de lui !?
Après avoir exercé comme sous-économe au Lycée Franco-Musulman de Constantine et économe au Lycée de Batna, mon oncle Saadi, a été le premier intendant des Collèges et Lycées de l’Algérie indépendante. Son premier poste a été au Lycée Amara Rachid.
Il a été appelé, par Boumédienne, sur recommandation de Feu Med Seddik Benyahia (Ministre de l’Information puis Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique) pour fonder le Centre des Œuvres Universitaires et Scolaires (COUS)*.
*(Je reviendrai plus longuement sur l’œuvre colossale qu’il a réalisée tant en matière de formation des intendants des lycées qu’en ce qui concerne l’organisation et le fonctionnement des œuvres universtaires de l’Algérie indépendante).
Ferid chikhi
Le 16 juillet 2011