6 février 2016

Remettre les pendules à l'heure

La simultanéité dont il s’agit est là aussi pour inciter au questionnement sur la subjectivité citée plus haut et dans laquelle il peut y avoir le pire et le meilleur, le positif et le négatif, l’immobilisme ou la contemplation et l’action. La subjectivité, c’est le relais, la continuité ou alors la rupture. Le rayonnement de la famille a montré toutes ses limites précisément à partir du moment où le relais a cessé d’être assuré dans une optique collective, de manière consciente.

L’échafaudage a tenu bon jusqu’à une certaine époque. Je dis cela en pensant aux deux mandats consécutifs exercés par notre cousin Abderrezak Chikhi dit Moumouh comme maire de Batna dans les années 70. J’ai toujours interprété cette consécration locale, preuve d’un esprit rassembleur (perçu d’ailleurs comme tel par la population Batnéenne), comme une confirmation, un continuum de l’action politique plus lointaine de son père, notre grand-oncle paternel Dèda Lachemi, conseiller municipal dans la même ville dans les années 30.
Pour être complet à propos de Moumouh, j’ajouterai qu’il a été, peu après l’indépendance, co-fondateur et vice-président de l’association musicale et théâtrale Essaada. Cette association dont l’orchestre était dirigé par Kamel Chikhi, a marqué la vie culturelle à Batna durant près de deux décennies. J’en profite pour rappeler que la troupe musicale a remporté le 3ème prix du premier festival amateur de la chanson chaabi organisé en 1966 à Alger, à la salle Atlas (ex Majestic) ; je faisais d’ailleurs partie du groupe comme second accordéoniste.
Je ne peux pas ne pas citer, bien que dans un registre différent, notre autre grand cousin Tayeb qui a été Président du Club de football le CA Batna dans les années 80 et Président de la commission d’arbitrage de la FAF (Fédération Algérienne de Football). Je ne suis pas en train de faire le panégyrique de la famille. Et même si tel était le cas, en quoi cela poserait il problème et pourquoi n’aurais-je pas le droit de le prononcer, s’agissant de quelque chose qui relève du patrimoine familial immatériel, de la mémoire familiale ?
Au fond, je n’apporte rien de nouveau ou de particulier en rappelant certains faits. Cependant et même si ces indications sont connues, on ne les a jamais inscrites dans une perspective historique ni d’ailleurs dans une approche ou une narration extra historique, pour ne pas dire romanesque.
Pour ma part, je me sers de la nostalgie pour moi-même, pour me faire plaisir, certes, mais aussi pour glorifier des épisodes familiaux, rendre hommage à des personnes qui le méritent amplement, rappeler des faits indiscutables et remettre les pendules à l’heure dans un contexte qui n’a rien à voir avec les périodes évoquées par mes soins. Et puis, je le fais parce que personne ne le fera à notre place, hormis bien entendu les membres de notre famille…
Lamine Bey Chikhi

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